On rejoint Cadaqués par la GI-614 depuis Roses : moins de vingt kilomètres, mais un peu plus d'une demi-heure de virages. Sans voiture, il existe un bus direct depuis l'Estació del Nord de Barcelone, d'environ trois heures. On se gare en périphérie : le parking principal payant à l'entrée du village ou des zones gratuites comme le Corral d'en Morell.
Cadaqués est l'un des rares villages de la côte catalane où la route explique encore le caractère du lieu. Elle est arrivée tard, elle arrive mal, et elle reste étroite — et c'est exactement pour cela que le village ressemble à lui-même et pas à ses voisins. Voici ce qu'il faut savoir avant de prendre le volant : à quel point on souffre dans les virages, où laisser la voiture, et pourquoi le lundi change les règles.
Pendant des siècles, la porte fut la mer
La route de Roses par le coll de la Perafita n'a été construite qu'à la fin du XIXe siècle. Avant cela, on entrait et on sortait de Cadaqués par l'eau : le village regarde vers l'est, le dos tourné à la sierra, et la barrière rocheuse du Cap de Creus l'a maintenu isolé par voie de terre pendant que le reste de l'Empordà communiquait normalement. Tout ce qui sortait d'ici sortait par bateau.
Et il en sortait beaucoup. Les terrasses de vigne que l'on devine encore sur les pentes, soutenues par des murets de pierre sèche, produisaient du vin et de la garnatxa exportés vers l'Italie, vers la France et, avec l'ouverture du commerce avec l'Amérique, jusqu'à l'autre côté de l'Atlantique. Ce fut une époque vraiment prospère : la population est passée d'un peu plus de sept cents habitants au début du XVIIIe siècle à plus de deux mille quatre cents vers 1860. Les capitaines et les pilotes de Cadaqués ont eu un poids réel dans la marine catalane de ce siècle-là.
Le phylloxéra a mis fin à tout cela vers 1880. Les ceps sont morts, une bonne partie du terroir est restée en friche, et en 1900 la population était tombée sous les mille six cents habitants. L'isolement, cependant, a laissé des traces qui ne sont pas parties. Le parler local conserve l'article salat et des traits de transition vers le roussillonnais, une rareté sur cette partie de la côte. Et les rues de la vieille ville restent pavées de pierres d'ardoise plantées de chant, en arête de poisson, un revêtement appelé rastell, inventé pour que l'eau s'écoule et que les pieds ne glissent pas. On y marche mieux en semelle plate qu'en talon, soit dit en passant.
La route : une vingtaine de kilomètres qui paraissent longs
L'accès normal est la GI-614 depuis Roses. Elle ne fait pas vingt kilomètres, mais on met un peu plus d'une bonne demi-heure à la parcourir, car c'est une succession continue de virages serrés qui remonte le coll de la Perafita en laissant le Pení sur le côté. Ce n'est pas une route dangereuse : c'est une route lente, étroite, avec des changements de dévers constants et des tronçons où doubler n'est pas une option. Si quelqu'un dans le groupe a le mal des transports, c'est sur ce trajet qu'il l'aura.
Il existe une seconde route, celle qui monte depuis Port de la Selva, plus courte en distance mais encore plus étroite et avec moins de marge. Elle existe et elle est utilisée, mais mieux vaut ne pas la considérer comme une alternative confortable ni comme une soupape de secours : le gros du trafic entre et sort par Roses, et en août cela se traduit par des bouchons aux heures de pointe, à l'arrivée comme au retour. Quitter le village en milieu d'après-midi un dimanche d'août est une décision, pas une formalité.
Deux choses surprennent qui vient ici pour la première fois. La première, c'est que cette même route est un classique du cyclisme sur route, et la cohabitation entre vélos et voitures sur une chaussée sans bas-côté est devenue un sujet de débat municipal ; conduire avec patience ici n'est pas une question de courtoisie, c'est du bon sens. La seconde, c'est que les restrictions sur certains véhicules sont bien réelles : les autocars n'ont pas le droit de circuler en direction du Cap de Creus entre fin juin et mi-septembre, et les camping-cars ne peuvent pas emprunter la route du cap. Si vous venez en camping-car, renseignez-vous avant sur où vous pouvez stationner et où non, car la marge est mince.
Où l'on se gare vraiment
La règle générale est simple : la vieille ville n'est pas un endroit où laisser la voiture. Il y a peu de places, presque toutes réglementées, et ce sont des rues qu'on parcourt à pied par plaisir et en voiture par punition. Le plus raisonnable est de se garer en périphérie et de descendre à pied, ce qui est d'ailleurs la bonne façon de découvrir le village.
À l'entrée du village se trouve le parking principal payant, géré par un opérateur privé ; les tarifs changent selon la saison, et cela n'a pas de sens de les reproduire ici : mieux vaut les vérifier directement au parking ou sur son site avant d'y entrer. Il existe ensuite plusieurs zones gratuites que l'office de tourisme local recense et qu'il vaut la peine de garder en tête : Portlligat, à un kilomètre et demi du centre et à côté de la maison-musée de Dalí ; la plage del Ros ; Sa Conca, qui sert à d'autres usages pendant le Festival de Musique ; et la zone en face du camping, sur l'avenue Salvador Dalí. Aucune n'est collée à la place centrale, et c'est justement son avantage.
Le plus pratique est le parking gratuit du Corral d'en Morell, grand pour ce qu'est Cadaqués, avec un atout que beaucoup découvrent trop tard : c'est de là que part la navette vers le parc naturel du Cap de Creus, et il dispose d'un point d'information et de sanitaires. Se garer là et faire le cap en minibus évite le pire tronçon de conduite de la journée. Il existe aussi des zones libres dans la partie haute de la riera, avec une exception importante qui mérite sa propre section.
La zone bleue, et pourquoi il faut la vérifier maintenant
Dans le centre s'applique le système catalan de zone bleue, avec des horaires le matin et l'après-midi du lundi au vendredi, une plage libre à midi, et pas de réglementation le dimanche ni les jours fériés. Nous donnons ce schéma en ces termes-là, et non en heures exactes, volontairement : le règlement de Cadaqués est justement en cours de révision, et tout horaire copié sur un blog peut être périmé le mois suivant.
La raison en est que la mairie a annoncé une réorganisation sérieuse du stationnement : environ six cent cinquante nouvelles places réglementées, la majorité en zone bleue pour les visiteurs et le reste en zone verte pour les résidents, avec l'idée de les mettre en service une fois l'été passé. Concrètement, cela signifie que la quasi-totalité du stationnement public du village deviendra payant, avec un tarif symbolique pour les habitants et un prix dissuasif pour qui vient seulement laisser sa voiture toute la journée. Le plan prévoit une application mobile et des panneaux indiquant les places libres en temps réel.
Le diagnostic qui se cache derrière tout cela dit aussi quelque chose d'utile pour organiser sa venue : une étude municipale a constaté qu'en été, vers onze heures du matin, l'occupation atteint cent pour cent. Ce n'est pas l'exagération d'un habitant excédé, c'est la donnée. Si vous arrivez en voiture un jour de juillet ou août, arriver avant cette heure-là change complètement l'expérience. Et dans tous les cas, vérifiez l'horaire et les tarifs en vigueur sur le site de la mairie le jour même de votre arrivée, pas la semaine d'avant.
Le lundi, il y a marché, et la riera change de fonction
Le marché hebdomadaire de Cadaqués s'installe chaque lundi matin, de huit heures à quatorze heures, à Sa Riera. C'est un marché de village, pas une attraction touristique montée pour l'occasion, et c'est là tout son charme : des produits de la comarque, des gens qui font leurs courses de la semaine, et un rythme tel qu'à une heure et demie tout est déjà rangé.
Ce qu'il faut retenir en pratique est simple : la partie de la riera où l'on laisse sa voiture les autres jours n'est pas disponible ce jour-là. Qui arrive un lundi matin sans le savoir trouve l'espace occupé et se met à tourner en rond, justement à la pire plage horaire de la journée. En hiver, cette même zone fonctionne comme parking de l'opérateur payant, ce qui ajoute une couche de confusion supplémentaire si l'on arrive avec les informations de la mauvaise saison.
La recommandation honnête n'est pas de l'éviter, mais l'inverse : si votre arrivée tombe un lundi, garez-vous directement en périphérie et descendez au marché. C'est l'une des rares heures de la semaine où le village se comporte comme un village et non comme une destination, et on le voit mieux ainsi que depuis n'importe quelle terrasse.
Cadaqués sans voiture, plus facile qu'il n'y paraît
Il existe un bus direct entre Barcelone et Cadaqués, au départ de l'Estació del Nord, pour une durée d'environ trois heures. Les départs ne sont pas nombreux dans la journée, donc mieux vaut regarder le billet à l'avance en haute saison, mais cela fonctionne, et le bus dépose à la gare routière du village, à quelques minutes à pied du centre. Pour un séjour de plusieurs jours, c'est une option sérieuse, pas un pis-aller.
L'autre porte d'entrée est Figueres. La ligne 12 de Moventis relie Figueres, Roses et Cadaqués, avec un trajet d'environ une heure entre les deux bouts, et à Figueres on rejoint le train, ce qui ouvre la combinaison depuis Girona, Barcelone ou le sud de la France sans toucher un volant. C'est aussi la façon de s'approcher de l'Empordà intérieur le temps d'une journée, sans sortir la voiture du parking.
Et sur la commune même, il y a une raison supplémentaire de ne pas dépendre du véhicule : l'accès motorisé au Cap de Creus est restreint aux dates de plus forte affluence, avec un contrôle par vidéosurveillance et des horaires qui varient selon la saison, et ces jours-là fonctionne la navette depuis le Corral d'en Morell, avec des arrêts à Guillola, Tudela et le phare. Vérifiez les conditions, les horaires et les billets auprès de l'opérateur avant d'y aller, car le calendrier est ajusté chaque année. L'idée de fond est celle-ci : en été, aller au cap avec sa propre voiture n'est ni l'option par défaut ni la plus confortable.
L'argument honnête : la voiture gêne dès qu'on s'est garé
Si vous venez pour la journée, la voiture est indispensable, et le péage à payer, ce sont les virages et la recherche d'une place. Il n'y a pas à tourner autour. Mais si vous restez plusieurs jours, l'équation s'inverse complètement dès l'instant où vous coupez le moteur.
Cadaqués se parcourt entièrement à pied. La vieille ville est un ensemble historique protégé, avec des rues en pente de rastell où la voiture ne passe pas et n'a pas sa place, et les distances réelles entre la plage, l'église, les galeries et les criques voisines se comptent en minutes de marche. Portlligat est à une courte promenade. Pour ce qui est plus loin, il y a le bus de la comarque et la navette du parc. Pendant ces jours-là, la voiture ne sert qu'à occuper une place qu'il faut payer, surveiller ou déplacer.
La réponse à la question qui a amené la plupart des gens jusqu'ici — où se garer à Cadaqués — tient donc en deux parties. La courte : en périphérie, le plus tôt possible le matin, et jamais dans la riera un lundi. La longue : se demander si l'on a vraiment besoin de l'amener. Le village s'est construit à une époque où la seule porte était la mer, et il fonctionne encore selon cette logique ; il récompense qui arrive et reste sur place, et il pénalise qui prétend se déplacer en voiture à l'intérieur.
Questions rapides
Peut-on se garer dans la riera de Cadaqués le lundi ?
Non : le marché hebdomadaire s'installe chaque lundi matin, de huit heures à quatorze heures, à Sa Riera, et la partie où l'on gare sa voiture les autres jours n'est pas disponible.
À quelle heure le parking de Cadaqués se remplit-il en été ?
Une étude municipale a constaté qu'en été, vers onze heures du matin, l'occupation atteint cent pour cent. Arriver avant cette heure-là change complètement l'expérience.
Peut-on aller à Cadaqués depuis Figueres en bus ?
Oui : la ligne 12 de Moventis relie Figueres, Roses et Cadaqués, avec un trajet d'environ une heure entre les deux bouts, et à Figueres on rejoint le train.