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Cadaqués · Costa Brava

La Costa Brava nord : villages et criques de carte postale

Photo : Andrawaag · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

La Costa Brava nord, de Roses à Portbou, se parcourt avec Cadaqués comme base : depuis le village, tout le cap est à moins d'une demi-heure. À voir en priorité : la maison de Dalí à Portlligat (réservation préalable obligatoire), les criques Jugadora et Fredosa, le monastère de Sant Pere de Rodes et le mémorial « Passages » de Portbou.

Il y a une Costa Brava de parasol et de buvette de plage, et il y en a une autre : celle de l'extrême nord, où la roche se tord contre la mer et où la tramontane décoiffe tout. C'est le tronçon qui va de Roses à Portbou, celui que Dalí appelait son paysage et qui reste, près d'un siècle plus tard, le plus difficile à apprivoiser. Ici, les criques se méritent à pied, les villages sentent le poisson et l'anchois, et un monastère millénaire veille sur le cap depuis les hauteurs. Voici le guide pour le parcourir avec calme et discernement.

Cadaqués, le quartier général blanc

Mieux vaut le comprendre dès le départ : à Cadaqués, on arrive parce qu'on l'a voulu. L'unique route traverse la Serra de Rodes par un chapelet de virages qui a sauvé le village de lui-même, car personne ne passe ici en allant ailleurs. La récompense au bout du port est un hameau de maisons chaulées, de rues d'ardoise et de barques échouées face à l'église Santa Maria. Cette géographie fermée est aussi la meilleure raison d'en faire sa base : d'ici, tout le cap est à moins d'une demi-heure.

À un quart d'heure à pied, dans la crique voisine de Portlligat, se trouve la maison où Salvador Dalí a vécu et travaillé pendant un demi-siècle, aujourd'hui maison-musée. On y entre avec réservation préalable obligatoire, par petits groupes qui accèdent toutes les dix minutes ; la visite, non guidée, dure environ trois quarts d'heure. Le billet plein tarif tourne autour de 15,50 € sur internet — il augmente en juillet et août, et un peu plus si on l'achète au guichet — et le tarif réduit, environ 12 € (réservations sur salvador-dali.org). On y parcourt l'atelier, la piscine phallique et le jardin aux œufs géants : ce n'est pas une pinacothèque, c'est le décor d'une vie, et c'est pour ça que ça accroche.

Les criques du Cap de Creus : elles se méritent avec les jambes

Le Cap de Creus est le point le plus oriental de la péninsule Ibérique, un parc naturel où le schiste dessine des formes impossibles — la tramontane et la mer les sculptent depuis des millénaires. Les meilleures criques n'ont pas de parking au bord du sable, et c'est bien là toute la finesse. Cala Jugadora, à cinq minutes à pied du phare et de son restaurant, est la plus gratifiante : eau translucide et roche sculptée. Juste à côté, Cala Fredosa — la première juste après le phare — répète la formule avec du gravier et des fonds bleu-vert. Les plus cachées, Culip et Culleró, se trouvent à environ trois quarts d'heure à pied depuis le parking de Tudela : la solitude quasi garantie.

La manière noble de le découvrir est le camí de ronda, l'ancien sentier des pêcheurs et des contrebandiers qui longe le littoral. Le tronçon de Portlligat au phare du Cap de Creus fait environ 7,5 kilomètres à l'aller (entre deux heures et deux heures et demie), avec presque pas d'ombre et pas une seule fontaine en chemin : casquette, protection solaire et eau en abondance ne sont jamais de trop. Qui ne veut pas d'une si longue marche peut prendre le tronçon court vers le sud, jusqu'au phare de Cala Nans, avec Cadaqués qui se détache en blanc au fond. Les jours de forte tramontane, le bateau vers les criques peut ne pas sortir : c'est le vent qui commande, pas une panne.

El Port de la Selva et Sant Pere de Rodes

El Port de la Selva est le revers tranquille de Cadaqués : même bleu, moitié moins de monde, des maisons de pêcheurs et une baie qui vire au cuivre au coucher du soleil. C'est un bon endroit pour ne rien faire, mais aussi le point de départ de l'une des grandes excursions du nord catalan. Au-dessus du village, perché sur la Serra de Verdera, se trouve le monastère bénédictin de Sant Pere de Rodes, un prodige du roman des Xe-XIe siècles avec un panorama complet sur la Méditerranée : le cap entier à ses pieds.

On peut monter en voiture presque jusqu'à la porte, ou mieux, à pied depuis le port. En été (du 1er mai au 30 septembre), il ouvre du mardi au samedi de 10h à 19h ; le dimanche et les jours fériés, de 10h à 15h toute l'année ; fermé le lundi, et la billetterie ferme une demi-heure avant. Le billet plein tarif tourne autour de 6 € et le tarif réduit, 4 € ; gratuit pour les moins de 16 ans. La visite mérite d'être prolongée jusqu'aux ruines du château de Sant Salvador, plus haut : par temps clair, on voit jusqu'au golfe de Roses.

L'extrême nord : Llançà, Colera et Portbou

Au nord de El Port de la Selva, la côte devient plus sauvage et moins fréquentée. Llançà réunit un vieux centre à l'intérieur des terres et un port vivant, et s'enorgueillit, à raison, de ses anchois et de ses oursins. Sa Cau del Llop, à peine à un kilomètre du centre, est l'une des rares criques du secteur faciles d'accès, une bonne option avec des enfants ou sans envie de marcher. Entre Llançà et Colera s'avance dans la mer le Cap Ras, une presqu'île de criques sauvages — Cala Bramant, celle du Borró — que l'on parcourt par un sentier littoral presque toujours désert.

Colera abrite la Veta Blanca, une veine de roche claire incrustée entre des parois sombres près de la cala Rovellada, et de là on devine déjà la frontière. Portbou, dernier village avant la France, est un lieu de mélancolie ferroviaire et de mémoire : c'est ici qu'est mort en 1940 le philosophe Walter Benjamin, en fuyant le nazisme. Près du cimetière, le mémorial « Passages » de Dani Karavan — un tunnel d'acier qui descend vers la mer et se termine par une vitre au-dessus des vagues — fait partie de ces visites qui restent gravées. Il est à cinq minutes à pied de la plage et se voit gratuitement, à toute heure.

Roses et le sud du cap : vieille pierre et criques vierges

À l'autre bout du tronçon, fermant la baie par le sud, Roses a plus d'agitation et plus de plage urbaine, mais aussi deux trésors que presque tout le monde ignore. L'un est la Ciutadella, enceinte fortifiée Renaissance qui abrite des vestiges grecs, romains et ceux du monastère Santa Maria. L'autre est en pleine campagne : le dolmen de la Creu d'en Cobertella, le plus grand de Catalogne, érigé il y a plus de cinq mille ans (entre 3500 et 3000 av. J.-C.). Le voir en silence, entouré d'oliviers, remet l'échelle du voyage à sa juste place.

Et puis il y a le Cap Norfeu, l'autre réserve naturelle intégrale du parc, une langue de falaises entre Roses et le cap qui cache des criques comme Montjoi ou Jóncols, accessibles par piste puis à pied. C'est le versant sud du même paysage sauvage : moins connu que le Cap de Creus, tout aussi abrupt et encore plus solitaire.

La table et la saison : manger au rythme du cap

La cuisine de ce tronçon est une cuisine de marché et de saison, sans artifices. L'emblème en est l'oursin — la garota —, qu'on ouvre et qu'on mange presque au pied du bateau pendant les mois froids ; au printemps arrivent les moules de roche, en été le homard et la langouste, et toute l'année le suquet de peix, ce ragoût humble de poisson de roche et de pommes de terre qui résume le goût de la région. Les anchois de Llançà et de l'Escala complètent le garde-manger.

À Cadaqués, les tables face au port servent du poisson du jour et des riz de caractère, et il y en a pour toutes les bourses, du plus simple au plus habillé. Une remarque de fond : ici, c'est la tramontane qui commande. Quand elle souffle — et elle souffle fort plusieurs jours par mois —, la mer se ferme et les sorties en bateau tombent à l'eau, mais l'air reste si pur que le cap entier semble repeint de frais. Ce n'est pas un contretemps ; c'est simplement le fonctionnement de ce bout de côte. Le voyager en le comprenant fait toute la différence entre se battre contre le nord de la Brava et en tomber amoureux.

Questions rapides

Quels sont les horaires de Sant Pere de Rodes ?

Du 1er mai au 30 septembre, il ouvre du mardi au samedi de 10h à 19h ; le dimanche et les jours fériés, de 10h à 15h toute l'année. Fermé le lundi. Le billet plein tarif tourne autour de 6 € et le tarif réduit, 4 €.

Combien de temps prend le trajet à pied de Portlligat au phare du Cap de Creus ?

Le tronçon par le camí de ronda fait environ 7,5 kilomètres à l'aller, entre deux heures et deux heures et demie, avec presque pas d'ombre et pas une seule fontaine en chemin.

Peut-on voir gratuitement le mémorial « Passages » de Portbou ?

Oui, il se voit gratuitement et à toute heure. Il se trouve près du cimetière, à cinq minutes à pied de la plage, et c'est une œuvre de Dani Karavan : un tunnel d'acier qui descend vers la mer et se termine par une vitre au-dessus des vagues.

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